Cette page est informative. Aucun médicament ne doit être commencé, arrêté ou modifié sans l'avis du médecin qui l'a prescrit. L'arrêt brutal de certains traitements peut être dangereux.
Si vous traversez un moment difficile, consultez notre page sur les crises d'angoisse.
Les médicaments ne « guérissent » pas l'anxiété. Ils réduisent l'intensité des symptômes pour permettre de fonctionner — et souvent, de travailler en psychothérapie.
Comprendre ce que l'on prend et pourquoi permet d'en parler plus facilement avec son médecin.
ISRS — Le traitement de référence
souvent plus long dans les troubles anxieux
Les premières semaines demandent une surveillance médicale rapprochée : l'anxiété peut temporairement augmenter avant que le traitement fasse effet. Toute aggravation doit être signalée sans attendre au médecin prescripteur.
L'arrêt se prépare avec le médecin
Les ISRS ne créent pas de dépendance au sens d'une addiction : il n'y a ni euphorie, ni besoin d'augmenter les doses. En revanche, un arrêt brutal peut provoquer un syndrome de sevrage — vertiges, troubles de l'équilibre et du sommeil, irritabilité, symptômes pseudo-grippaux. Ces manifestations sont parfois marquées et peuvent durer plusieurs semaines.
C'est pourquoi la diminution des doses se fait toujours progressivement, selon un calendrier établi par le médecin prescripteur.
Benzodiazépines — Utilité et dangers
Leur limite est double : l'organisme s'y habitue, ce qui réduit l'effet au fil des semaines, et une dépendance peut s'installer. Elles agissent sur les symptômes pendant la prise, sans modifier ce qui entretient l'anxiété — c'est le rôle de la psychothérapie et, dans la durée, des antidépresseurs.
Ne jamais arrêter seul
L'arrêt brutal d'une benzodiazépine, après plusieurs semaines de prise, peut provoquer des symptômes de sevrage sévères, pouvant aller jusqu'aux convulsions. Le risque augmente avec la durée du traitement et la dose.
Si vous prenez ce type de médicament depuis longtemps, n'interrompez pas la prise de votre propre initiative. Une diminution progressive, établie par le médecin prescripteur, permet d'arrêter dans de bonnes conditions.
Bêtabloquants — un usage ponctuel et limité
Ils sont parfois prescrits avant une situation redoutée et ponctuelle : un examen, une prise de parole, une représentation. Ils n'agissent pas sur l'anxiété elle-même, seulement sur ses effets corporels, et n'entraînent pas de somnolence.
Des contre-indications à connaître
Les bêtabloquants ne conviennent pas à tout le monde. Ils sont notamment contre-indiqués en cas d'asthme, et déconseillés dans plusieurs situations cardiaques : rythme cardiaque lent, tension basse, certains troubles de la conduction.
Ils ne sont délivrés que sur ordonnance. Seul un médecin peut déterminer s'ils sont adaptés à une situation donnée.
Autres options
Elle est surtout prescrite dans l'anxiété généralisée, comme traitement de fond. Contrairement aux benzodiazépines, elle n'entraîne pas de dépendance connue, ce qui en fait une option envisageable sur la durée.
Médicament et thérapie : ce que chacun apporte
Questions à poser à son médecin
Avant de commencer un traitement, ces questions aident à comprendre ce qu'on prend :
- Quelle est l'indication précise de ce médicament pour mon cas ?
- En combien de temps vais-je ressentir un effet ?
- Que dois-je faire si mon état se dégrade dans les premières semaines ?
- Quels sont les effets secondaires les plus fréquents ?
- Peut-on le combiner avec la psychothérapie ?
- Comment va se passer l'arrêt ? Durée minimale de traitement ?
- Existe-t-il des alternatives non médicamenteuses adaptées à ma situation ?
- Y a-t-il des précautions à prendre — autres médicaments, alcool, conduite ?
Arrêter un médicament
Ne jamais arrêter un médicament psychiatrique d'un coup sans avis médical. Le syndrome de sevrage est réel, notamment pour les ISRS et les benzodiazépines.
- La diminution des doses se fait toujours progressivement
- La durée de la diminution varie selon le médicament et la durée du traitement : de quelques semaines à plusieurs mois
- Les benzodiazépines requièrent un protocole de diminution très progressif (risque de convulsions si arrêt brutal)
Si les symptômes réapparaissent pendant ou après l'arrêt, ce n'est pas un échec personnel. C'est une information à rapporter au médecin, qui pourra ajuster le rythme ou reprendre le traitement.
Sources scientifiques
- Baldwin DS et al. — « Evidence-based pharmacological treatment of anxiety disorders, post-traumatic stress disorder and obsessive-compulsive disorder. » Journal of Psychopharmacology, 2014.
- Bandelow B et al. — « Efficacy of treatments for anxiety disorders: a meta-analysis. » International Clinical Psychopharmacology, 2015.
- HAS — « Bon usage des benzodiazépines et médicaments apparentés — Anxiété et troubles du sommeil. » Haute Autorité de Santé, 2015.
- Furukawa TA et al. — « Combined psychotherapy plus antidepressants for panic disorder with or without agoraphobia. » Cochrane Database, 2007.
- Stahl SM — « Stahl's Essential Psychopharmacology: Neuroscientific Basis and Practical Applications. » 5e éd. Cambridge University Press, 2021.