Information médicale — pas un avis médical

Cette page est informative. Aucun médicament ne doit être commencé, arrêté ou modifié sans l'avis du médecin qui l'a prescrit. L'arrêt brutal de certains traitements peut être dangereux.

Si vous traversez un moment difficile, consultez notre page sur les crises d'angoisse.

Les médicaments ne « guérissent » pas l'anxiété. Ils réduisent l'intensité des symptômes pour permettre de fonctionner — et souvent, de travailler en psychothérapie.

Comprendre ce que l'on prend et pourquoi permet d'en parler plus facilement avec son médecin.

ISRS — Le traitement de référence

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ISRS — Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine
Antidépresseurs · Premier choix
Délai d'action
Plusieurs semaines
souvent plus long dans les troubles anxieux
Durée de traitement
6 mois après la rémission
Dépendance
Pas d'addiction, mais arrêt progressif indispensable
Malgré leur nom d'antidépresseurs, les ISRS sont le traitement médicamenteux le plus souvent prescrit dans les troubles anxieux. Ils agissent sur la sérotonine, un messager chimique du cerveau ; le détail de leur mécanisme dans l'anxiété reste mal élucidé.

Les premières semaines demandent une surveillance médicale rapprochée : l'anxiété peut temporairement augmenter avant que le traitement fasse effet. Toute aggravation doit être signalée sans attendre au médecin prescripteur.
Sertraline (Zoloft) Escitalopram (Seroplex) Paroxétine (Deroxat) Fluoxétine (Prozac)

L'arrêt se prépare avec le médecin

Les ISRS ne créent pas de dépendance au sens d'une addiction : il n'y a ni euphorie, ni besoin d'augmenter les doses. En revanche, un arrêt brutal peut provoquer un syndrome de sevrage — vertiges, troubles de l'équilibre et du sommeil, irritabilité, symptômes pseudo-grippaux. Ces manifestations sont parfois marquées et peuvent durer plusieurs semaines.

C'est pourquoi la diminution des doses se fait toujours progressivement, selon un calendrier établi par le médecin prescripteur.

Benzodiazépines — Utilité et dangers

Benzodiazépines
Anxiolytiques · Usage limité
Délai d'action
Rapide
Durée recommandée
Quelques semaines au maximum
Dépendance
Oui — risque élevé
Les benzodiazépines réduisent rapidement l'anxiété et la tension physique. C'est ce qui les rend utiles dans certaines situations aiguës, sur une courte période.

Leur limite est double : l'organisme s'y habitue, ce qui réduit l'effet au fil des semaines, et une dépendance peut s'installer. Elles agissent sur les symptômes pendant la prise, sans modifier ce qui entretient l'anxiété — c'est le rôle de la psychothérapie et, dans la durée, des antidépresseurs.
Alprazolam (Xanax) Diazépam (Valium) Lorazépam (Temesta) Bromazépam (Lexomil)

Ne jamais arrêter seul

L'arrêt brutal d'une benzodiazépine, après plusieurs semaines de prise, peut provoquer des symptômes de sevrage sévères, pouvant aller jusqu'aux convulsions. Le risque augmente avec la durée du traitement et la dose.

Si vous prenez ce type de médicament depuis longtemps, n'interrompez pas la prise de votre propre initiative. Une diminution progressive, établie par le médecin prescripteur, permet d'arrêter dans de bonnes conditions.

Bêtabloquants — un usage ponctuel et limité

Bêtabloquants
Cardiovasculaires · Usage ponctuel
Délai d'action
Moins d'une heure
Durée d'action
Quelques heures
Dépendance
Non
Les bêtabloquants atténuent les manifestations physiques de l'anxiété — tremblements, accélération du cœur, transpiration — en limitant l'action de l'adrénaline sur l'organisme.

Ils sont parfois prescrits avant une situation redoutée et ponctuelle : un examen, une prise de parole, une représentation. Ils n'agissent pas sur l'anxiété elle-même, seulement sur ses effets corporels, et n'entraînent pas de somnolence.
Propranolol (Avlocardyl) Aténolol

Des contre-indications à connaître

Les bêtabloquants ne conviennent pas à tout le monde. Ils sont notamment contre-indiqués en cas d'asthme, et déconseillés dans plusieurs situations cardiaques : rythme cardiaque lent, tension basse, certains troubles de la conduction.

Ils ne sont délivrés que sur ordonnance. Seul un médecin peut déterminer s'ils sont adaptés à une situation donnée.

Autres options

Buspirone
Anxiolytique — Traitement de fond
Délai d'action
Plusieurs semaines
Indication
Anxiété généralisée
Dépendance
Pas de risque connu
La buspirone agit sur la sérotonine, mais différemment des antidépresseurs. Son effet n'est pas immédiat : il faut plusieurs semaines avant d'en ressentir le bénéfice.

Elle est surtout prescrite dans l'anxiété généralisée, comme traitement de fond. Contrairement aux benzodiazépines, elle n'entraîne pas de dépendance connue, ce qui en fait une option envisageable sur la durée.

Médicament et thérapie : ce que chacun apporte

Deux approches, deux rôles
Médicament et psychothérapie n'agissent pas sur le même plan. Selon la situation, le médecin peut proposer l'un, l'autre, ou les deux — la décision se prend au cas par cas.
Médicament seul
Agit sur l'intensité des symptômes. À l'arrêt, l'anxiété peut revenir si rien d'autre n'a changé entre-temps.
Thérapie seule
Travaille sur ce qui entretient l'anxiété, avec des effets qui se maintiennent après la fin du suivi. Demande en revanche de pouvoir s'y engager.
Les deux ensemble
Dans certaines situations, le traitement rend possible un travail thérapeutique qui ne l'était pas — quand l'anxiété est trop envahissante pour s'y mettre.
Sortie progressive
Lorsqu'un arrêt du médicament est envisagé, il se prépare avec le médecin prescripteur et se fait progressivement.

Questions à poser à son médecin

Avant de commencer un traitement, ces questions aident à comprendre ce qu'on prend :

  • Quelle est l'indication précise de ce médicament pour mon cas ?
  • En combien de temps vais-je ressentir un effet ?
  • Que dois-je faire si mon état se dégrade dans les premières semaines ?
  • Quels sont les effets secondaires les plus fréquents ?
  • Peut-on le combiner avec la psychothérapie ?
  • Comment va se passer l'arrêt ? Durée minimale de traitement ?
  • Existe-t-il des alternatives non médicamenteuses adaptées à ma situation ?
  • Y a-t-il des précautions à prendre — autres médicaments, alcool, conduite ?

Arrêter un médicament

Ne jamais arrêter un médicament psychiatrique d'un coup sans avis médical. Le syndrome de sevrage est réel, notamment pour les ISRS et les benzodiazépines.

  • La diminution des doses se fait toujours progressivement
  • La durée de la diminution varie selon le médicament et la durée du traitement : de quelques semaines à plusieurs mois
  • Les benzodiazépines requièrent un protocole de diminution très progressif (risque de convulsions si arrêt brutal)

Si les symptômes réapparaissent pendant ou après l'arrêt, ce n'est pas un échec personnel. C'est une information à rapporter au médecin, qui pourra ajuster le rythme ou reprendre le traitement.

Sources scientifiques
  • Baldwin DS et al. — « Evidence-based pharmacological treatment of anxiety disorders, post-traumatic stress disorder and obsessive-compulsive disorder. » Journal of Psychopharmacology, 2014.
  • Bandelow B et al. — « Efficacy of treatments for anxiety disorders: a meta-analysis. » International Clinical Psychopharmacology, 2015.
  • HAS — « Bon usage des benzodiazépines et médicaments apparentés — Anxiété et troubles du sommeil. » Haute Autorité de Santé, 2015.
  • Furukawa TA et al. — « Combined psychotherapy plus antidepressants for panic disorder with or without agoraphobia. » Cochrane Database, 2007.
  • Stahl SM — « Stahl's Essential Psychopharmacology: Neuroscientific Basis and Practical Applications. » 5e éd. Cambridge University Press, 2021.