Crise d'angoisse, attaque de panique : même combat

C'est la confusion la plus fréquente, et elle mérite d'être levée une bonne fois pour toutes. L'attaque de panique est le terme médical officiel, utilisé par les classifications internationales (le DSM-5 aux États-Unis, la CIM-11 de l'OMS). La crise d'angoisse est l'expression populaire, très répandue en France.

Ce ne sont pas deux choses différentes — ni une version « légère » et une version « grave ». C'est le même événement, le même ressenti, le même mécanisme. Si vous dites à votre médecin que vous faites des crises d'angoisse, il entend : attaques de panique. Si vous cherchez une description détaillée du vécu et des causes, notre fiche La crise d'angoisse y est consacrée.

Ce que dit officiellement le DSM-5

Le DSM-5 (le manuel de référence des psychiatres du monde entier) définit l'attaque de panique comme une montée brusque de peur intense ou de malaise intense, qui atteint son pic en quelques minutes, et pendant laquelle surviennent au moins 4 des 13 symptômes suivants :

  1. Palpitations ou accélération du rythme cardiaque
  2. Transpiration
  3. Tremblements ou secousses musculaires
  4. Sensation de souffle coupé ou d'étouffement
  5. Sensation d'étranglement
  6. Douleur ou gêne dans la poitrine
  7. Nausées ou gêne abdominale
  8. Vertiges, instabilité, tête vide ou impression d'évanouissement
  9. Frissons ou bouffées de chaleur
  10. Fourmillements ou engourdissements — souvent liés à l'hyperventilation
  11. Déréalisation (sentiment d'irréalité) ou dépersonnalisation (sentiment d'être détaché de soi)
  12. Peur de perdre le contrôle ou de « devenir fou »
  13. Peur de mourir

Deux précisions importantes

  • L'attaque de panique n'est pas un diagnostic en soi. C'est un événement qui peut survenir dans des contextes très variés : phobie, anxiété sociale, stress post-traumatique, dépression — ou chez une personne sans aucun trouble anxieux, lors d'une période de stress intense.
  • Attendue ou inattendue : une attaque « attendue » est déclenchée par une situation identifiable (prendre l'avion, parler en public). Une attaque « inattendue » surgit sans déclencheur apparent — parfois au repos, parfois la nuit. Ce sont ces dernières, quand elles se répètent, qui orientent vers un trouble panique.

Du simple épisode au trouble panique : où est la frontière ?

Avoir une ou deux attaques de panique dans sa vie est relativement fréquent et ne constitue pas un trouble en soi. On parle de trouble panique lorsque :

Ces comportements d'évitement prennent des formes variées : ne plus s'éloigner de chez soi, ne plus prendre les transports, toujours avoir quelqu'un à portée de téléphone. Progressivement, le périmètre de vie rétrécit. Lorsque l'évitement concerne les endroits d'où il serait difficile de fuir ou d'être secouru, une agoraphobie peut s'installer.

C'est un cercle qui s'entretient : la peur de la crise met le corps en alerte, l'alerte augmente le risque de crise, la crise renforce la peur. Reconnaître ce mécanisme est la première étape pour en sortir.

Ce cercle se brise

Le trouble panique répond très bien au traitement. Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont recommandées en première intention, avec des taux de succès très élevés dans les études. La prise en charge médicamenteuse peut aussi jouer un rôle d'appoint. Le plus important : ne pas rester seul avec ça, et ne pas attendre que les évitements s'accumulent.

Spasmophilie et tétanie — pour ne pas confondre

Sources scientifiques